
1. Contexte : une activité critique, où chaque incident peut arrêter l’exploitation
Cette dirigeante pilote un établissement thermal, avec plusieurs centaines de curistes accueillis chaque semaine, en pleine saison.
Dans ce type d’activité, la qualité opérationnelle est vitale : température de l’eau, continuité des soins, logistique des curistes.
Une panne technique n’est pas un simple incident.
Elle peut interrompre les soins, déclencher des remboursements, dégrader la réputation et compromettre la saison entière.
Son équipe de direction réunissait des profils solides, couvrant les dimensions techniques, opérationnelles et organisationnelles.
L’objectif de la dirigeante était clair : passer d’un fonctionnement où tout dépend d’elle, à un Codir capable de décider et agir de manière autonome.
2. Situation initiale : un Codir compétent, mais dépendant
Avant Manager Sherpa, les sujets suivaient toujours le même chemin :
ils remontaient vers elle.
Comme elle le résumait simplement :
“Quand un dossier est important, il remonte. Et je deviens le goulot.”
Résultat :
- environ 90 % des décisions passaient par elle
- un sentiment permanent de devoir vérifier et arbitrer chaque situation
- peu de décisions réellement portées par le Codir
- une charge mentale élevée et un temps stratégique constamment interrompu
Ce fonctionnement sécurisait les décisions, mais il rendait l’organisation fragile.
Et limitait directement sa capacité à développer de nouveaux projets.
3. Le diagnostic : les compétences existaient, mais le système les neutralisait
Nous avons déployé la méthode Manager Sherpa, structurée autour des Feux de Camp et du diagnostic Boussole.
L’objectif n’était pas d’ajouter des compétences.
L’équipe les possédait déjà.
L’objectif était de transformer la structure de décision, pour permettre au Codir d’agir sans dépendre systématiquement de la dirigeante.
La Boussole a permis de clarifier les forces présentes dans l’équipe, leurs zones de responsabilité naturelles, et les dépendances implicites qui ramenaient les décisions vers elle.
Les Feux de Camp ont permis d’installer progressivement un système clair.
Un système où chacun savait précisément :
- ce qu’il portait
- ce qu’il décidait
- et ce qu’il n’avait plus besoin de faire remonter.
4. L’intervention : installer un système autonome de décision
Une transformation clé a été mise en place : permettre au Codir de fonctionner sans dépendre de la dirigeante.
Les Feux de Camp ont créé un espace où les membres du Codir ont pu dire ce qu’ils n’osaient pas dire : leurs contraintes, leurs responsabilités réelles, et les sujets qu’ils laissaient remonter par réflexe.
Ce qui était implicite est devenu explicite.
Ils ont commencé à se coordonner directement entre eux.
À résoudre les problèmes ensemble, sans passer systématiquement par son bureau.
En parallèle, la dirigeante a ajusté sa posture :
elle est restée garante du cap, des standards et des arbitrages stratégiques. Sans reprendre l’opérationnel.
Le Codir devenait progressivement autonome.
5. Le test réel : une crise majeure en pleine saison
Quelques mois plus tard, une panne critique a servi de test grandeur nature.
La chaudière principale de l’établissement est tombée en panne.
Conséquence immédiate :
- plus d’eau chaude sanitaire
- température des soins thermaux insuffisante
- risque d’interruption pour plusieurs centaines de curistes
- risque financier et réputationnel majeur
Remplacer une chaudière industrielle aurait nécessité plusieurs mois.
La continuité de l’activité dépendait de la capacité de l’équipe à agir immédiatement.
6. Ce que le Codir a fait : sans que la dirigeante reprenne le contrôle
Pour la première fois, le Codir a géré la situation de manière autonome.
Le responsable technique a sécurisé le dépannage, mis en place des solutions provisoires et organisé l’installation d’une chaudière mobile.
La responsable opérationnelle a pris en charge la communication avec les curistes, les médecins et les partenaires, évitant toute confusion.
La responsable RH a maintenu la coordination.
La dirigeante est restée dans son rôle :
Elle a arbitré rapidement les décisions stratégiques.
Validé les investissements nécessaires.
Et soutenu publiquement son équipe.
Sans reprendre l’opérationnel.
7. Le résultat : une crise maîtrisée sans dépendance au dirigeant
Malgré la gravité de la panne :
- 100 % des soins ont été assurés
- aucune cure n’a été interrompue
- l’activité a continué sans perte majeure
- l’équipe est restée coordonnée et autonome
Pour la première fois, le Codir avait absorbé une crise majeure sans dépendre de sa dirigeante.
8. Ce que la dirigeante a réellement gagné
Le changement le plus important n’était pas la gestion de la crise.
C’était le quotidien.
Elle a récupéré environ 1,5 jour par semaine.
Du temps qu’elle a pu consacrer à des projets structurants, dont l’ouverture d’une nouvelle filiale dans les 6 mois qui sont suivi.
Comme elle le résume aujourd’hui :
“Après ça, il peut tout nous arriver.”
9. Pourquoi ça a marché : le problème n’était pas les personnes, mais le système
Avant Manager Sherpa, le Codir dépendait implicitement de la dirigeante.
La Boussole a révélé les forces déjà présentes dans l’équipe.
Les Feux de Camp ont installé un cadre clair de décision et de coordination.
Manager Sherpa n’a pas changé les personnes.
La méthode a changé la structure :
- En clarifiant les rôles.
- En rendant les décisions assumables collectivement.
- Et en transformant le Codir en instance autonome.
Et pour la première fois, l’organisation pouvait faire face à une crise sans dépendre d’un seul point central.


