6 étapes pour devenir exemplaire au boulot

L’exemplarité du manager n’est pas qu’une injonction, c’est aussi un besoin.

6 étapes pour devenir exemplaire au boulot

Soyez exemplaires. C’est peut-être l’injonction la plus à la mode pour les managers et les dirigeants en ce moment. Mais les recherches en neurosciences montrent que la plupart de nos comportements sont automatiques. Alors comment s’améliorer si tout se joue de façon inconsciente ? Voici les 6 étapes.

Les quatre vérités 😳

Tout peut commencer ce jour où un collègue, exaspéré, vous partage ses quatre vérités. Ses mots sont durs, inattendus et pourtant vous sentez au fond de vous qu’il a en partie raison.

Sur le moment, vous esquivez plus ou moins la rafale, mais le soir, ses reproches continuent de vous trotter dans la tête. Cette situation ne vous va pas. Vous n’avez plus envie d’être cette personne qui blesse ses coéquipiers sans s’en rendre compte, ou qui joue régulièrement le rôle de victime. Vous voulez changer pour le meilleur.

 

Le courage de l’introspection 😌

On ne va pas se le cacher. Se remettre en question suite à un conflit ou un reproche est ce qu’il y a de plus dur. Cela demande de renoncer à beaucoup de choses :

  • de penser que l’on a 100% raison (et que l’autre a tort)

  • de contre-attaquer

  • d’utiliser son pouvoir d’autorité

  • de s’en remettre au fatalisme d’une vie qui vous mettrait des bâtons dans les roues

  • de continuer de mettre le masque du “je suis fort, tout va bien”

Mais l’introspection n’est pas nécessairement un passage désagréable. Cela peut aussi être vu comme un moment de curiosité.

Vous pouvez vous dire : “tiens, quelque chose de nouveau est en train de se passer, j’ai hâte de découvrir ce que je peux maintenant apprendre sur moi et sur les autres”. L’introspection est un moment d’évolution. C’est une chance.

Au centre de la difficulté, se trouve l’opportunité. – Albert Einstein

 

Étape n°1 : Sortir du mode auto-pilote 🤖

Les neuroscientifiques le disent depuis de nombreuses années maintenant. Nous sommes tout le temps en mode auto-pilote.

Notre cerveau prend même des décisions avant qu’on en ait conscience. Notre façon de penser, de nous comporter et de réagir avec nos collègues est donc presque totalement automatique.

Dans le cas d’un reproche, chacun peut déclencher automatiquement un arsenal émotionnel négatif. Vous pouvez par exemple :

  • partir au quart de tour

  • balancer les grandes généralités du style “de toute façon c’est toujours comme ça avec toi”

  • ou alors faire silence et attaquer plus tard avec des petites piques au moindre écart que fera l’autre.

Ce sont des réactions irrésistibles dont nous restons esclaves tant que nous ne prenons pas la mesure de la machinerie émotionnelle, mentale et psychique qui bouillonne en nous.

Pour ça, il faut passer du mode action au mode observation, pendant quelques instants. C’est aussi simple que difficile :

  • Arrêter de parler ou de faire ce que l’on est en train de faire

  • Se concentrer sur sa respiration et fermer les yeux (quand c’est possible)

  • Remarquer ce qui se passe dans notre corps (ex : mal de tête, douleur au ventre, gorge nouée, crispation du dos, à l’épaule etc.)

La conscience est un livre qui doit être consulté sans arrêt. – Blaise Pascal

 

Étape n°2 : Enquêtez sur vos programme mentaux 🧐

Si nous avons des réactions automatiques, c’est qu’il y a un bien un programme qui les commande. Selon Robert Dilts, ces programmes mentaux se construisent sur trois niveaux :

  1. Spirituel

  2. Identité

  3. Croyances

Comme des poupées russes, le spirituel conditionne l’identité, l’identité conditionne nos croyances et nos croyances conditionnent tout ce que l’on va exprimer à l’extérieur : nos compétences, nos comportements et notre environnement. Ce sont donc eux qui déterminent nos réactions automatiques.

Par exemple, quand une personne se met en colère dans son mail, vous reconnaissez là un comportement. C’est la face émergée de l’iceberg. Derrière cette colère peut se cacher toute une série de croyances :

  • je croyais que ce dossier serait rendu aujourd’hui

  • on ne fait pas le travail que je demande, c’est qu’on me rejette

  • si l’on me rejette, alors j’attaque

  • la prochaine fois qu’elle aura besoin d’aide, elle se débrouillera toute seule

Une fois que vous vous êtes mis en état d’observation avec l’étape 1, regardez donc vos pensées et identifiez vos croyances à vous :

  • Quelles sont les réponses toutes faites que vous formulez ?

  • Quelles convictions défendez-vous bec et ongles quand vous êtes irrité ?

  • Voyez-vous un schéma négatif se répéter avec vos collègues ?

Un homme de mauvaises habitudes est pris au piège d’un ennemi qui le suit partout où il va. – Saadi (poète Persan)

 

Étape n°3 : Trouvez vos vrais besoins 🌟

Comme nous l’avons vu avec la poupée russe, les croyances programmées cachent notre identité. On y trouve là notre personnalité et nos besoins profonds. Par exemple, peut-être que la personne citée précédemment :

  • a besoin que le travail soit bien fait

  • d’être prévenue en avance

  • et qu’elle aime quand les choses sont carrées.

Qui peut juger de tels besoins ? Ils sont légitimes car nécessaires à la réussite collective. Mais nous avons rarement la chance de les percevoir car ils sont masqués par nos réactions automatiques négatives. Pour faire tomber le masque de vos croyances demandez-vous alors :

  • De quoi ai-je besoin pour bien travailler et communiquer ?

  • Que faut-il éviter absolument avec moi ?

  • Quelle est la nature de ma personnalité ?

Si vous ne connaissez pas vous-même vos besoins et votre personnalité, vos collègues ne pourront malheureusement pas le deviner pour vous. La balle est dans le camp de chacun.

Dans le chemin vers l’autre, je ne peux faire l’économie du chemin vers moi. – Thomas d’Ansembourg

 

Étape n°4 : Faites ce que vous êtes 🏓

Connaître ses besoins et décider d’y répondre concrètement est de la responsabilité de chacun. Si nous ne le faisons pas, c’est d’abord à nous-même que nous faisons du mal.

Une fois les trois premières étapes acquises (que vous pouvez accélérer avec Boussole), voici ce que vous pourrez ensuite faire :

  • Choisir des missions qui collent avec votre personnalité et vos talents

  • Dire “non” quand vous sentez que vous vous forcez à faire quelque chose contre vos valeurs

  • Multiplier les conversations avec vos collègues pour faire connaître vos besoins et les aider à en prendre conscience

Sans même changer vos croyances négatives, vous pouvez créer le contexte pour qu’elles ne se déclenchent pas.

C’est le même mécanisme qu’en épigénétique. Notre environnement peut désactiver les séquences d’ADN responsables de nos maladies et activer celles de notre bonne santé !

Si vous n’êtes pas bien ou vous êtes, bougez, vous n’êtes pas un arbre. – Jim Rohn

 

Étape n°5 : Repérez vos éventuelles valeurs limitantes 🤕

Point de fatalité. Si l’on change notre environnement, nos missions, notre façon de travailler, et que l’on améliore la qualité de nos relations avec nos collègues, alors nous devenons plus exemplaire. Cela commence donc par des choses bien plus concrètes qu’on ne le croît.

La vraie fatalité est celle de se nourrir de fatalité. Mais aussi d’autres valeurs qui peuvent devenir très limitantes comme la prudence, la volonté d’être aimé ou le pouvoir :

  • La recherche du pouvoir coupe toute conversation authentique puisque l’autre devient un concurrent à dominer.

  • La volonté excessive d’être aimé pousse à dire “oui” à tout, même aux choses qui sont contre notre nature.

  • La prudence empêche de poser des questions aux autres (par peur de déranger) et crée des relations superficielles, donc fragiles.

Il est évident que nous avons tous plus ou moins un sens de la prudence ou le désir d’être aimés. Nous sommes humains ! Mais quelles sont les valeurs qui sont les plus importantes pour vous ?

  • Est-ce que l’esprit de compétition est plus fort que celui de fraternité ?

  • Est-ce que la recherche de sécurité est plus forte que celle du désir de progresser ?

Les valeurs sont le sens que l’on choisit de donner à sa vie. – Jean-Paul Sartre

 

Étape n°6 : Consommez ce que vous voulez être 📺

C’est ici que commence le travail à l’étage “spirituel” de Robert Dilts. C’est la quête de soi et du sens de son existence. Que recherchez-vous de façon ultime dans votre vie ?

  • Le succès ? Le pouvoir ? La célébrité ?

  • L’harmonie ? La joie ? Le lien avec les autres ?

Rappelez-vous, nous devenons ce que nous consommons. Inspirez-vous de Marie Kondo. Faites le tri dans ce que vous absorbez tous les jours sur les réseaux, Youtube ou Netflix.

Le but n’est pas de prôner une sorte de sainteté. Mais de développer une nouvelle forme d’intelligence. Un esprit critique sur la qualité des choses que nous consommons :

  • Est-ce qu’elles nous font nous sentir bien et vivant ?

  • Ou léthargiques, lourds, voire anxieux ?

Et d’orienter nos choix futurs en conséquence.

Si un plus grand nombre d’entre nous préférait la nourriture, la gaieté et les chansons aux entassements d’or, le monde serait plus rempli de joie. – J.R.R. Tolkien

 

Le chemin pour devenir exemplaire au travail commence très souvent par “une claque”. Mais les moyens pour y parvenir ne sont pas enseignés à l’école et de façon trop souvent superficielle en entreprise.

Ils passent par le développement d’une capacité d’auto-observation, une enquête sur nos propres croyances, nos propres besoins et des actions concrètes pour adapter notre environnement à qui nous sommes vraiment. 

C’est un travail important qui peut changer tout autant une personne, qu’une organisation toute entière. Le climat pessimiste actuel le masque bien, mais le monde de l’entreprise a une marge de progrès incroyable !

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